" Vous voyez ce qu’il y a derrière moi? Est-ce qu’il n’est pas magnifique? Mon nouveau rideau de douche. Avec ses grands arbres et sa clairière. La forêt de mon intimité. Je l’ai installé ce matin. "
Astrid, maman célibataire d’un enfant de 3 ans et influenceuse du dimanche soir décide de se livrer à sa communauté.
Dans sa salle de bain, elle nous raconte le dégout de son corps et le besoin de se le réapproprier après son accouchement long et douloureux.
Tout les moyens sont bons pour en parler. Le texte prend l’apparence d’une immense logorrhée mêlant mise à distance, invocation de sa mère, de sa sœur, de sa tante, du père de l’enfant, des sages femmes, aveux de rêves tordus, poèmes ...
Astrid nous aspire dans l’intime en se débarrassant des masques sociaux et sociétaux.
L’autrice nous offre une langue à la fois poétique et crue pour nous livre un témoignage bouleversant et incandescent.
Ce texte au rythme très soutenue est une traversée. Nous partons en effet d’un geste devenu aujourd’hui quotidien et souvent jugé superficiel : le maquillage et le soin beauté pour arriver à au geste le plus intime qui soit : la masturbation.
Nous partons d’une salle de bain pour arriver dans une forêt.
C’est un voyage qui nous est proposé ici.
Un témoignage d’une grande force et d’une grande vivacité qui nous fait rire, pleurer, nous met en colère et nous donne envie de célébrer l’amour propre et la victoire de parvenir à se retrouver soi-même.